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Avatar : le dernier maître de l'air

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Je parle de films, de courts-métrages, de livres et d'autres séries. Autant parler de tout ce qui m'enchante depuis que je suis un jeune homme pris par les études et qui a besoin, grand besoin, de moments de calme et de tendresse. De beauté et de bisounours, de télétubies en veux-tu en voilà ! Un étudiant licencié de lettres modernes comme tant et tant d'autres et qui a envie de visionner My little Poney, l'île aux enfants et Dora l'exploratrice !

 

(WHAT ?!)

 

Je crois que je vais me pendre, et je reviens...

Finalement non, j'aime trop la vie !

Car dans la vie il y en a pour tous les goûts : ceux qui regardent Secret Story et ceux qui regardent Game of thrones. Et ceux qui regardent les deux !

(Autant j'arrive à comprendre les premiers, je cautionne les deuxièmes... mais les troisièmes... je...)

Et bien que je connaisse Secret Story – il ne faut jamais parler de quelque chose sans connaître, m'a-t-on appris – je n'ai pas été plus loin que la première saison de cette télé-réalité où variété rime avec nullité. Bref, ne soyons pas méchant avec ce qui innove, après tout, Einstein aussi avait innové.

Enfin, voilà : aujourd'hui, je vais vous parler d'Avatar : le dernier maître de l'air.

Avatar : le dernier maître de l'air
Avatar : le dernier maître de l'air Avatar : le dernier maître de l'air

Pour la clarté du propos, j'espère que vous connaissez la série, qui a été diffusé en 2005, alors que ma génération était au collège et travaillait à la chimie, la physique, le français, les mathématiques, l'histoire, la géographie, la technologie, le sport, le dessin, la musique et les langues, tout cela en même temps (ce que nous pouvions être courageux... ^^) !

Ici, je parle d'un dessin animé, et non du film sorti en juillet 2010 et réalisé par M. Night. Shyamalan, dont je parlerai certainement dans cette analyse (très rapidement... ceux qui connaissent la série ET le film comprendront parfaitement les raisons de ce désintérêt).

Pour la petite histoire, rapide car ultra-connue, le monde d'Avatar est partagé en quatre nations. Le feu, la terre, l'eau et l'air. Chaque nation maîtrise un élément particulier – je pense qu'il est inutile de vous dire lesquels. Un seul être est capable de maîtriser les quatre éléments : l'Avatar.

Lorsque la série débute, la nation du feu a déclaré la guerre à toutes les autres nations, et l'Avatar, sensé maintenir l'harmonie entre les peuples, a disparu depuis cent ans. Un peuple a été anéanti : celui de l'air.

Deux jeunes adolescents de la tribu de l'eau du pôle sud (Katara et Sokka) trouvent un enfant dans la glace : Aang. Et il contrôle l'air ! Il est l'Avatar et doit apprendre à contrôler trois éléments : le feu, la terre et l'eau.

(Bon, voilà, envoyé c'est pesé ! Yiah !)

Ce qui m'intéresse avant tout, c'est l'approche philosophique des choses, si on peut dire.

Oui, les dessins sont superbes (je conseille à tous les fans l'artbook d'Avatar, en anglais, certes, mais facilement abordable, et fichtrement – oui, fichtrement ! – intéressant) les personnages sont moralement profonds (mis à part, peut-être, le tyran de la nation du feu – je suis méchant, je veux tout dominer).

Avatar : le dernier maître de l'air

La notion d'harmonie est forte et primordiale dans Avatar. Aang, qui peut parfois paraître énervant à cause de cela, en est l'incarnation. Il veut la paix entre les personnes qu'il est supposé guider (ce conflit est bien présenté dans l'épisode onze de la première saison, Le Grand Canyon). Cette rivalité continuelle paraît n'être que démonstration de malheurs et d'incompréhensions. Et bien que le mensonge semble parfois éviter toutes sortes de discordes, rétablir la vérité est un voyage profond et difficile mais d'une grande richesse (d'où la quête longue et périlleuse de Zuko, prince de la nation du feu). La justice, recherché par l'entité de l'Avatar, est un problème qu'Aang soulève à plusieurs reprises : doit-il tuer le Seigneur de la nation du feu alors que le crime est le pire des sacrilèges ? Comment éviter un tel crime ? Certains pourraient penser que cette peur qui hante Aang n'est qu'un prétexte pour allonger la troisième saison, mais c'est en réalité une véritable quête existentielle qui pousse l'Avatar a chercher une autre solution, peut-être plus ancienne qu'il ne le pense.

 

La mort, extrêmement présente dans le dessin animé, est un parcours initiatique d'une grande douleur et qu'Aang doit traverser. Tout son peuple a disparu, décimé par la violence de la nation du feu, qui voulait le trouver et l'empêcher d'agir. Il devra accepter d'être le seul survivant de son peuple, et d'être – peut-être – le dernier maître de l'air. Tout ce qui le rattache à son ancien peuple reste important (ce que l'on peut constater des épisodes onze à dix-sept du Livre II). Dans la série, Katara et Sokka on perdu leur mère quand ils étaient tout jeune, car elle était un maître de l'eau (la notion du feu a fait prisonnier ou tuer tous les maîtres de la tribu du pôle sud). Katara, obligée de prendre la place de sa mère, trouve injuste de n'avoir pu vivre son enfance pleinement. Et Sokka, plus jeune, cache ses sentiments et son émotion sous un florilège de bêtises et de blagues. Ces pertes fondent les sentiments et la morale de ces personnages, et de bien d'autres. La guerre a provoqué un désastre sans précédent, et des personnes – faibles ou initialement pleines de bontés – finissent par devenir le juge, le juré et le bourreau (Une marionnettiste, épisode 8 Livre III).

Cette manière d'aborder la mort est humaine, et surtout adulte. Contrairement à certaines histoires où les morts ne sont que des aléas d'une histoire préétablie (je ne nommerai que Les Chevaliers d'Émeraude comme exemple, où certaines morts paraissent anodines au lecteur lui-même). (SPOILIER) Quoi qu'on en dise, voir la princesse Yue se sacrifier reste un moment de pure beauté, face aux actes inhumains et violents qui ne cessent de naître ça et là dans la Cité attaquée. (Fin du SPOILIER). Mettre en avant la mort dans une série pour jeunes adolescents est très fort et marque l'esprit de n'importe lequel d'entre nous.

 

Le rêve d'une bibliothèque infinie, parfaite, complète. Voilà ce dont songent certains auteurs. Ce serait la vision de la puissance de la littérature, tout comme celle de sa fin prématurée, car pourquoi inventer d'autres écrits, si tous sont déjà dans cette fameuse bibliothèque ? Pourtant, c'est ce que cherche un certain archéologue dans le désert, durant un épisode du Livre II (épisode 10, La Bibliothèque). Devant l'esprit de la connaissance, qui paraît si supérieur aux hommes et à l'Avatar lui-même, les héros, tout comme le spectateur, ne peuvent que se sentir faibles. La connaissance est autant bénéfique que destructrice, et cet épisode en est l'exemple parfait.

C'est avec une telle description que l'on comprend que peu de choses séparent les bons des mauvais. Les deux peuvent être susceptibles d'accomplir de mauvaises actions, afin de dominer un peuple, une nation, un groupe de gens. Pourquoi cela serait-il différent dans un univers imaginaire ? Ainsi Le Seigneur du feu Ozai est un être d'une intelligence terrifiante, tout comme sa fille, Azula, prise de folie – et tout autant touchée que son frère (Zuko) par la disparition inexpliquée de sa mère.

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La connexion avec les esprits paraît être une des parts les plus importantes de la destinée d'Aang et de tout Avatar. Ce dernier n'est pas connecté avec l'au-delà, qui n'existe – semble-t-il – pas vraiment, mais avec un monde où les règles diffèrent du nôtre, un monde des esprits.

Par le biais de ce monde résolument différent, l'Avatar peut invoquer ses anciennes incarnations pour bénéficier de leur expérience – il s'agit de l'état d'Avatar. Mais il peut aussi rentrer en contact avec leur mémoire, leur moral, leurs idées, et leur perle de sagesse. L'épisode six du Livre III (L'Avatar et le Seigneur du feu) permet d'ailleurs de voir la vie de Roku, la dernière incarnation de l'Avatar. Ces contacts avec une sorte de vie antérieure, mais aussi avec des idées qui nous ont précédées, permettent de comprendre la vie actuelle. L'Histoire, celle que nos parents nous content, celles que les professeurs nous inculquent, est importante, voire essentielle. Cette Histoire permet de voir au-delà de ce qui est, au-delà de ce qui fut, et nous empêche de commettre les mêmes erreurs. Voilà pourquoi les souvenirs, dans Avatar : le dernier maître de l'air, marque un pan primordial de l'apprentissage que subit Aang et tout Avatar accompli. Des connaissances que tout enfant se doit d'apprendre et de comprendre.

La seconde partie de cet univers qu'est le monde des esprits est plus dangereuse, plus imprévisible. Et bien qu'Aang s'y dirige parfois – comme lors de l'attaque de la tribu de l'eau du pôle sud – peu de réponses nous sont données. Des dieux, des êtres étranges et inconnues (Le Solstice d'Hiver, épisode 7 du Livre I où nous voyons Hei-Bai) ne cessent de parcourir ce monde entre réalité et songe. Ces esprits, ces dieux, sont résolument différents des hommes et n'agissent qu'en dernier recours, et le plus souvent lorsqu'ils sont excédés par un comportement.

Comme le dira Katara, même si certains esprits existent, il ne faut pas compter sur eux pour réaliser certaines choses, ou pour agir contre une menace. Il faut lutter avec les armes que l'on a. N'est-ce pas ce que les hommes doivent faire en ce qui concerne Dieu ? N'est-ce pas une critique de cela ? Si Dieu existe, cela n'empêche pas les gens d'agir ou de faire ce qu'ils pensent justes. Il ne faut pas attendre de telles puissances un acte ou une faveur, car elles n'ont pas les mêmes priorités que nous. Car tout ce qui fait de nous des hommes, ce sont les choix que nous prenons, qui nous guident et nous amènent vers un chemin que nous avons tous choisi.

Point très important de cette série : le respect et la sagesse. Le respect de la faune et de la flore, de la nature dans toutes ses formes, des éléments contrôlés par les maîtres (Iroh est un des personnages les plus respectueux de ces fameuses maîtrises, sans compter, bien sûr l'Avatar lui-même). Effectivement, il apparaît que l'harmonie naturelle est très importante dans la série, et le sort réservé à un des esprits lors du Premier Livre est si terrible, si inhumain, qu'il provoque le déchaînement de puissance incontrôlable.

Le respect des infirmes est bon : on ne les affaibli pas, ou n'a pas pitié d'eux. Ils sont assez nombreux dans la série, mais ne sont pas plus faibles que les autres, puisqu'ils ont trouvé, chacun à leur manière, des moyens de contourner leur cécité. La vieillesse, pleine de sagesse, est respectée avec ardeur : Zuko écoute son oncle Iroh avec attention (d'ailleurs, Iroh est le personnage qui reste le plus respecté de tous les autres, mis à part dans sa propre nation). Les maîtres, plus âgés, font d'ailleurs partis d'un ordre qui est né au moment où a disparu l'Avatar : ne fallait-il pas une nouvelle source d'harmonie lorsque l'Avatar lui-même ne reparaissait plus ? Toute la série est source de respect, et la mort ou le déshonneur surviennent la plupart du temps contre ceux qui veulent détruire cette paix.

Enfin, il ne faut pas oublier que la série est avant tout destinée aux jeunes adolescents – même s'il m'arrive encore de la regarder et d'admirer l'histoire qui nous est contée. L'humour est en cela omniprésent, même parfois sarcastique et ironique, surtout envers la cécité de Toph. En regardant cette série, il vous arrivera d'être triste, mais aussi d'exploser de rire. Les grandes phrases d'Iroh, l'oncle de Zuko, seront merveilleuses, et l'épisode quinze de Livre II, Les Contes de Ba Sing Se, représente cette dualité continuelle entre humour et larme : les contes concernant Iroh et Momo seront plein d'émotions alors que ceux de Sokka et Aang seront plutôt drôles.

Je vous invite donc à visionner cette série de soixante-et-un épisodes de vingt-quatre minutes. Je ne pense pas que vous serez déçu !

Avatar : le dernier maître de l'air
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La fierté n'est pas le contraire de la honte, mais sa source...

Iroh, Un travail amer, Livre II

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