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Au sentiment sacré (9 chants d'amours et de rêves)

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Chant I : Supplique pour l'amour guidant nos humbles cœurs.

 

Un seul battement de cœur suffit, mon amour,

Un seul suffit pour faire battre tous les cœurs.

Je veux voir ta poitrine gonfler ses contours.

Ton doux souffle épanouis semblable à une fleur.

 

Et toujours tes ardeurs ton regard dévoilait,

Et si bien que le mien se perdait dans le tien.

Pour que jamais tu ne me dises je t'aimais.

Dis-moi « je t'aime » mon amour, surtout pour rien.

 

Je veux t'avouer mon tendre amour pour toujours,

Qu'à jamais tu me sers dans tes bras sans effort,

Que ton souffle m'ensorcelle d'un doux amour,

Volant jusqu'aux cieux, ouvrant l'imprenable fort.

 

Chant II : Le fort d'or et d'airain gardant cadeaux et rêves.

 

Il est notre protection, le parfait hymen,

Notre habitat et notre logis éternel.

Il est le nid des oiseaux, ces êtres amènes,

L'âtre des grandes prêtresses sempiternelles.

 

La matrice des jouets pour les bébés du monde,

Le palais des plus grands rois que le ciel ait vu.

Là où le chant des anges devient comme une onde,

Et leur présence comme un air de déjà-vu.

 

Tu vois, ces anges aux plumes d'or s'illuminent,

De leurs ailes touchent l'océan infini,

Dessinant, tous unis, la couleur saphirine.

Lentement, jusqu'à ce que cela soit fini.

 

Chant III : Les désirs inassouvis d'un voyeur malsain.

 

Tous les oiseaux chutent sur terre par les cieux...

Là, leur éternelle envolée est terminée.

Leur fin est venue, il faut leur dire adieu :

Un homme impur voient ces formes efféminées :

 

« Anges éternels ! Créatures merveilleuses !

Elles, ouvrant ailes et becs pour danser et chanter !

Elles, dont les pas cadencés sont d'humeur joyeuse !

En larme quand se brise leur cœur enchanté ! »

 

Le voyeur malsain a vu leur chute endiablée,

A ressenti le désir de les ramasser.

Il voudrait les faucher comme "M" fauche le blé.

Tout son cœur, craquelé, brisé, en a assez.

 

Chant IV : L'homme si terrassé par son cœur sans amour.

 

Y a-t-il un homme pour supporter ceci...

Tandis que les oiseaux tombent, feuilles fanées...

L'être patibulaire croit être un messie,

Et ouvre les bras en croix, jure les damner.

 

Il est ce triste Maldoror qui souffre et chante,

Assis sur le trône osseux de Dieu endormi,

Qui vient la nuit, plein de cauchemars, et nous hante.

Il est cet homme, qui pleure et sourit à demi.

 

Il est ce monstrueux, qui surgit de la nuit,

Ou cet hideux monstre aux tentacules immenses.

Il vient, court, messager de mortels ennuis,

Et il se rengorge, gonfle sa grosse panse.

 

Chant V : Le Fleuve Silence et ses âmes amoureuses.

 

D'un souffle, d'un sursaut, les oiseaux se relèvent.

Le Fleuve Silence, avide, glisse sans cesse,

Conduit les âmes esseulés en ces Adève.

La vie rouvre ces yeux fermés par la paraisse.

 

Le Fleuve Silence coule, discute et murmure,

Il murmure doucement, psalmodie sans bruit.

Il chasse Maldoror des champs, poussant des murs.

Il chasse le monstre, avec les sons qu'il produit.

 

Mon amour, ma douce, ma muse, la vie est un fleuve.

Nous sommes tous contraint d'en suivre le courant.

Ne vois-tu pas les eaux colorées qui se meuvent ?

Mon amour, il faudrait que nous quittions ces rangs.

 

Chant VI : Exode des passions, exode des amours.

 

Amour ! C'est un monde où tout choix est interdit...

Où tout vœux semble vain, où l'amour paraît nul.

C'est à nous de fonder ce puissant paradis.

De créer un tel sentiment que rien n'annule.

 

Éblouis tous deux par la lueur émeraude,

D'une plaine où soufflent les vents évanescents,

Nous promenant seuls où toutes les âmes rodent.

Là, évoluant, connaissant, et vieillissant.

 

Mais quel autre bonheur que de vieillir à deux,

Seulement main dans la main, nos destins unis,

Chaque souffle cherchant écho dans l'entredeux,

Où jamais plus ne gouvernera le déni.

 

Chant VII : Vaine lutte et sûre défaite contre la Vie.

 

D'une voix et d'un souffle, d'un commun murmure,

Les deux amours affrontent le puissant Néant.

Mais que peuvent-ils, à deux, seuls, contre ce mur,

Qui s'élève lentement, fier comme un géant ?

 

Mais que sommes-nous, nous, face à l'immensité ?

Que sommes-nous, face aux lueurs après la nuit ?

Quand nous portons les chaînes à perpétuité ?

Quand le lion rugit et que l'antilope fuit...

 

Que sommes-nous, à part des êtres fous d'espoir,

Êtres naïfs qui prient le Seigneur sans y croire...

Vous ! Êtres infâmes ! Fuyez l'Utile Foire !

Que ces infamies ne soient pas vos seules gloires !

 

Chant VIII : Dans lequel l'espoir et le désespoir se mêlent.

 

L'Utile Foire met en valeur les qualités,

En revendant les plus effroyables défauts.

Et en inventant cette possibilité,

Permet de faire du bon un mal, du vrai un faux.

 

Lorsque cette Utile Foire, immense, fut ouverte,

Les maux et les erreurs des hommes apparurent.

Lui, le fou qui tient la jarre, par idylle offerte,

Lâche l'espoir, la crainte que Pandore endure.

 

Le désespoir tournait, dans sa valse infinie

Et les gens pleuraient dans cette nuit électrique

L'espoir, alors, vint vers lui, le prendre dans son nid

En ce jour naquit notre conscience éclectique.

 

Chant IX : L'amoureux criant l'amour tel l'enfant joyeux.

 

Ces si doux sentiments beaux et forts à la fois :

Ce qui nous fait si peur, ce qui nous émerveille,

Ce mal, cet espoir dans lesquels nous avons foi,

Cette lueur rubis, cette couleur vermeille.

 

Ces enfants qui, dormant, tout d'un coup se réveillent,

Surpris par l'affreux et si troublant cauchemar.

Ces parents qui, assis à leur côté, les veillent,

Et savent tenir des beaux rêves les amarres.

 

L'amour : total de ces merveilles réunies,

N'est que le mot léger de notre sentiment.

Deux personnes nées ermites, leur cœur uni,

Éclairent de beauté le divin firmament.

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