Écrivain ; 2006 : Perte de sommeil et perte de joie
Ah la seconde ! Bonheur des bonheurs, quand tu offres tes mains à mon cœur d'airain (ce qui ne veut rien dire, et qui représente, par là même occasion, ce que j'ai pu éprouver maintes et maintes fois lors de cette année). Qui m'a connu en cette période d'amour et de bonheur saura dire une seule chose : désespoir, tristesse, ténèbres. Ou « délégué de classe »... mais cela n'a absolument rien à voir !
J'avais terminé Destiné, et néanmoins, j'avais la sensation que cette histoire, solitaire, ne fonctionnait pas. Et bien que je parvenais à voir ce que cela pouvait donner par la suite, il manquait des personnages, des actions, des raisons pour tout ce qui allait arriver. Je ne dirai pas comment je suis parvenu à régler cela, mais toujours est-il que je ne me suis pas retrouvé avec quatre livres sur les bras, mais tout d'un coup, avec sept ! Ce début d'année scolaire était éprouvant pour cela, en premier lieu, et pour son rythme effréné, en deuxième lieu.
(Et si je dis deuxième, oui, cher lecteur, c'est qu'il y en a un troisième !)
Ce troisième facteur portait un nom : mononucléose.
Et cette chère dame a profité de l'écriture d'un cinquième livre pour s'inviter. Et ce cinquième livre demandait beaucoup de désespoir (BEAUCOUP !) beaucoup de tristesse (VRAIMENT BEAUCOUP !) et uniquement des ténèbres (…) et cette vérité fut telle que me sentir fatigué à longueur de journée, et que sentir les pleurs me monter au visage à chaque instant, me plaça dans les conditions ultimes pour écrire ce cinquième roman ! OH YEAH !
Je ne dormais pas – mis à part la journée, ce qui était relativement problématique lorsque je devais suivre les cours. Je ne souriais pas – ce qui était relativement problématique lorsque je devais voir ma famille ou mes amis. J'étais un zombie, et si certaines personnes – que je connais grâce à mes années fac – m'avaient vu alors, elles m'auraient tué !
(Je rassure tous mes lecteurs, je ne suis plus un zombie, ils ont trouvé l'antidote : les épinards ! – gnark gnark gnark ! Et plus sérieusement, la mononucléose ne touche pas les personnes de la même manière : soufflez !)
Je décidais donc d'écrire ce merveilleux livre qui allait enchanter mes nuits : j'y faisais apparaître quinze peurs, dont deux très puissantes et connues de tous. La première est le noir et la nuit, la seconde, la mort. Et quoi de mieux que de représenter la mort lorsque l'on veut faire comprendre qu'elle est dangereuse, toujours à l'affut et prête à tuer ?
Cette histoire a été très difficile à écrire, mais elle parvenait à relier définitivement des histoires qui ne pouvaient – à la genèse de cette création – qu'être opposées. Et bien que je ne puis vous dire exactement ce qu'il faut savoir sur la création de ce cinquième roman, je peux vous donner son titre : Le Sombre Minuit.
Il me fallut bien plus de temps pour l'écrire, étant donné que j'attaquais le sixième livre pendant l'écriture de ce cinquième. C'est-à-dire pendant les vacances scolaires. Je terminais Le Sombre Minuit durant mon année de première.
Aucun cauchemar ne surpasse la cruauté de la vie, ils en étaient tous certain. Cependant, le cauchemar a cela de beau et de magnifique qu'il parvient par quelques petites images, à rappeler à l'esprit endormi que le monde, lui, est bien en mouvement.

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