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Que disent-ils, ces hommes ?

Publié le par Ducarouge Lenaïc

On en dit, des choses, on en prononce, des mots.

On pleure, souvent, en voyant ce qui se déroule. Je suis triste depuis longtemps, harassé par les actions d'untel, écrasé par les pensées d'un autre. J'ai peut-être trop espéré, trop cru en l'humain, trop mis en avant les Lumières trop anciennes et vétustes, fragilisées par le temps et par la mort des uns et des autres. J'ai peut-être oublié de surgir des consciences vénales, qui miroitaient dans mon petit esprit d'enfant aimé et aimant.

Mais je me vois écrire et écrire, encore et encore, sur tous les événements qui passent et brisent les consciences. Je me vois, clamer les beautés et les merveilles, comme si elles n'étaient pas entraperçues par la plupart.

Mais aujourd'hui, il paraît, il faut changer ses paroles et les aseptiser pour qu'elles conviennent à ce qui se dit. Il le faut, même les politiques le font... et que sommes-nous face à ces hommes si brillants ? Nous devons leur faire confiance. Alors, quoi ? Le terrorisme ? Ces morts qu'il provoque ? Les terroristes ? Je les déteste ? Je les hais pour leurs idées ? Bien sûr, pourquoi ne pas haïr ces hommes sont conscience, incapables de comprendre qu'ils sont aveugles et qu'ils n'ont rien à gagner dans ces luttes ? Pourquoi je leur pardonnerai, moi, jeune homme blanc hétérosexuel élevé par une petite bourgeoisie ayant bénéficié de mai 68 ? Bien sûr ! J'ai ce droit ! Parce que je suis le prototype de la perfection et que cette dernière me permet ce jugement ! Pourquoi je ne pourrai pas les haïr ? Ces hommes que nous avons maintes fois frappés, rabaissés, cataclysmés, si j'ose dire ? Comment osent-ils se venger, alors même que nous sommes devenus les modèles parfaits de béatitude et d'amour que nous prônons ? Bien sûr, que j'ai ce droit, puisque je ne les comprends pas ! Qu'est-ce qu'il y a à comprendre ? Leur Dieu ? Il n'existe pas, alors tout est vain ! Leur salut ? Mais il est tout aussi factice, à quoi cela leur sert ? Leur fierté ? Fier de quoi ? De la boue et du sang ? Comment pourrais-je les comprendre, ces hommes et ces femmes différents de moi, qui pourrissent ma vie si tendrement mesurée, pensée avec une perfection absolue ? Comment pourrais-je les comprendre ? Moi aussi je suis inquiet pour mes enfants... moi aussi j'ai peur pour le climat... pour le futur. Mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse, de ma petite main d'homme sans pouvoir ? Ils se tuent et deviennent inutiles, ils ne sont que la voix qu'on entend une seconde en écho... Alors que moi, moi, je suis vivant.

Bien sûr, bien sûr, ils continuent tous de parler, dans la certitude d'avoir le dernier mot, celui qui a le plus de force, dans la certitude que leurs choix prévalent tous face à ceux des autres. Mais ils ne voient rien, rien de l'inconsistance de leur vie, de ce vivant qui se déplace, ridicule, retenu par des tuyaux d'où s'écoulent la graisse et l'argent. Ils ne voient rien, de l'inconsistance de ces crimes commis, contre eux et contre les autres... et ils se meurent tous. Et toutes ces luttes humaines paraissent ne mener nul part, la haine paraît n'être qu'un sentiment perdu, dans un lointain pays (c'est un Eldorado de colère et de bataille, disent certains), dont personne n'a jamais compris la force et l'impact. Aujourd'hui, on juge par plaisir de proclamer nos raisons (et seulement nos raisons) et on se permet de haïr pour cristalliser plus encore la peur des autres. Je vous en prie... que cet homme se taise s'il n'a rien à dire... qu'ils se taisent tous s'ils n'ont pas essayé de comprendre et d'envisager la vie différemment.

J'ai tant d'espoirs, tant de rêves, tant d'amours à donner. Venez prendre tout cela, si vous le pouvez ! Aujourd'hui, comme à chaque fois, tout est plus fort, tout est plus beau ! Je crois en l'acceptation comme un enfant au Père Noël : avec la peur au ventre qu'un jour tout ceci se révèle être totalement faux. Aujourd'hui comme hier, ça ne l'est qu'à moitié.

Je le pense, si vous croyez aux mots d'horreur, ils prendront de l'ampleur.

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C'était inévitable

Publié le par Ducarouge Lenaïc

C'était inévitable, le temps a passé.

Je me suis éveillé sans même me rendre compte du changement opéré. Je me suis éveillé avec le sourire aux lèvres, les yeux brillants de joie, sans même me rendre compte du trouble et de l'inquiétude présents tous les deux dans mon cœur.

J'ai les yeux rivés sur des choses passées sans même les regretter. Elles sont passées, elles sont lointaines : quoi que je fasse, il n'y a plus rien à espérer de ces événements. Mais il est plutôt évident qu'il y a toujours une conséquence, malgré moi. Ne me construisent-ils pas toujours ? Un à un ? Je suis devenu adulte, comme on devient professeur, en passant un concours. C'est la vie.

Je me suis éveillé, hier c'était le matin du monde, aujourd'hui j'en vois le repas et les entrées me paraissent profuses. Combien seront consommées ? Combien pourriront, invisibles ? Je me suis éveillé comme on sort d'un songe, toutes les choses passées ont eu le mérite d'être des rêves. Aujourd'hui, qui aura-t-il ? Rêve ou cauchemar ?

J'entends les tambours, au loin, et petit à petit, je constate que nous jouons encore au même jeu. Jeune ou adulte, adulte ou vieillard. Nous jouons au même jeu et la vie est une jungle : nous courons vers nos objectifs, la peur au ventre, l'espoir dans le cœur, les tempes en feu. À trop penser, on se cristallise de douleurs et d'angoisses…

J'entends les tambours, au loin, et petit à petit, je constate que je ne suis pas si différent. J'ai simplement franchi une étape. Je ne suis plus réellement le même. Je ne suis plus réellement le conteur que j'étais hier. Vieillir ! cela finit par vous changer et vous rendre critique : je la combattrai, cette douleur du cerveau qui brise les espoirs et vampirise les rêves anciens. Je la combattrai, cette angoisse atroce qui vous fend l'âme et pétrifie vos visages.

Je veux continuer à être l'homme des rêves, l'homme des combats et de la magie. Je veux continuer à être le jeune conteur, auréolé de bouillonnantes folies et d'éclatantes histoires. Demain, je serai un héros, un magicien qui contrôle les flammes comme on manie le stylo. Demain, je deviendrai encore un autre, comme tous les jours, le sourire aux lèvres, incapable de définir d'où vient le changement qui s'opère en moi.

Encore. Toujours. J'espère.

 

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Petite réflexion

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Je me sens bien. Je m'en veux ; le monde s'écroule et la guerre écrase la vie mais je me sens bien.
Que faire ? Où aller ? Et résonne le chant de la vie. Et je souris.
Qu'on me pardonne puisque je me sens si bien.

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Monde

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Je n'ai vu du monde que ce que mes yeux m'ont permis de voir...
Qu'est-ce que nous avons appris à l'école ? Qu'est-ce que l'Histoire a pu offrir comme leçon ? Quelle raison allons-nous trouver ? Comment allons-nous nous cacher ? Quel subterfuge allons-nous inventer pour nous relever ?
On se brise à trop vivre de ces espoirs et de ces folies, on se brise à en crever. Mais qu'avons-nous appris, de nous ?
Qu'avons-nous appris de la première arme et du premier crime ? Il y a des horreurs nées pour être contées et devenir des avertissements, je le crois. Au bout d'un certain temps, on ne sait plus qui du conte ou de l'horreur est apparu en premier...
Pourtant, cela importe peu. Il faut simplement ne pas le faire, ou ne plus le faire. Et s'endormir. Et rêver. Et encore et encore et encore, sans cesse. Et se briser à s'en exploser le cœur.

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Poésie

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Hier, je dormais encore ; le vent soufflait fort,
Ton peuple aussi dormait ; qu'en est-il désormais ?
C'était une nuit violente... tant d'efforts !
Une nuit qui me hante, une qui me charmait.

Il fallait te voir, dans ces atours si charmant,
Dans lesquels je veux te revoir ; le voudrais-tu ?
Et ceux pour lesquels j'aurais été ton amant,
Le seul ; l'unique ? Dis-moi, au moins le sais-tu ?

Car il fut des Cités par lesquelles j'ai vaqué,
Mais aucune n'aura maintes fois provoqué,
Chez un invité ce tumulte des idées !

Par une nuit dans la Cité des vents, je marche,
Et je deviens, sous les volutes en formes d'arches,
Sur tes Nuages, un homme sans âge, vidé.

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Petite réflexion

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Combien il est difficile d'être ici. Combien il est difficile d'avancer.
Je le vois, dans le miroir, tous les matins. Je ne suis différent de personne et il arrive que je m'imagine, là-bas, loin de toutes mes idées, incapable de savoir pourquoi je tiens à me battre. Pourquoi tant d'incompréhension, pourquoi tant de vengeance ? Pourquoi le grand loup, juste et grave, se lève tous les ans avec dans l'esprit plus d'idées que l'année précédente ? Il n'y a plus rien de parfaitement juste et vrai ; ce que je sais, c'est qu'il y a la vie, le rire, le bruit des vagues et les larmes. Et moi au milieu, semblable à tous les autres.
Je n'ai rien pour moi, ici, mis à part mes mots et mes proches.
Construction après construction, impossible de savoir où se trouvent les piliers qui font de moi ce que je suis.
Où aller ? Pourquoi ?
Qui a décidé que je serai là ?
Qui a décidé qu'ils prendraient les armes ?

Battons-nous, allons de l'avant. Aimons.

Lenaïc

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Vendredi 13 novembre 2015

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Aujourd'hui, nous ne sommes plus une nation, ou une patrie, mais un monde.

Il y a des hommes si bons qui aiment sans compter, obstinément, et qui aujourd'hui se terrent dans le noir. Il y a des hommes courageux qui communément hurlent leur colère et leur rage, mais qui aujourd'hui restent silencieux et pleurent.

Comme tant et tant de monde, mes sentiments sont indescriptibles. Aucune image et aucun mot ne sauraient décrire mes tristesses et incompréhensions de la nuit passée. Je sais que certains trouveront le moyen de mettre à profit ces événements pour mettre en avant des idéaux terrifiants, je sais que certains vont faire trembler le monde encore une fois, simplement pour répondre à l'horreur. Cela me fait peur et m'attriste plus encore. Je sais que certains trouveront le moyen de hurler à la haine. Comme je l'ai dis dans une publication précédente, il semble n'y avoir qu'une idée : la colère. Je pleure pour cela, je pleure parce que des hommes et des femmes vont accuser des hommes et des femmes, parce qu'ils vont dire : tuez-les ! Exterminez-les ! Et pourquoi ? Parce qu'ils ont peur ? Parce que nous avons soufferts ? Ne souffrent-ils pas ? Ne sont-ils pas, là-bas, enfoncés dans les rues, des journées durant, alors que des explosions naissent autour d'eux, fleurs d'affliction et crachats face au monde ? Ne pleurent-ils pas, ces gens, de voir des enfants et des parents mourir sous leurs yeux ?

Quel pays, mes amis, que cette France si belle et si vivante, quel pays, mes amis, nous avons derrière nous. Comme je suis fier de ce pays qui pleure aujourd'hui, qui pleurera demain, qui fera silence un jour, qui oubliera lentement, comme toujours. Un pays vivant qui pense ses morts, qui panse les disparitions des autres, qui oublie que, depuis des années, cette menace existe !

Mais je ne peux changer ce que je suis et j'ai encore l'espoir. J'ai de l'espoir quand je vois tous ces gens qui hurlent leur tristesse et qui demandent à leurs amis s'ils ont été touché, s'ils ont de la famille là-bas, dans ce monde qui ne paraît plus vraiment être le nôtre. J'ai de l'espoir quand je vois ces images d'union de plusieurs patries dans l'incompréhension la plus totale. Je vois les hommes unis dans ces moments les plus sombres ! Et j'ai l'espoir que cela puisse continuer encore, qu'ils ne puissent oublier, qu'ils marchent main dans la main, comme une guirlande infinie, contre une chimère qui paraît invincible.

Et si la fleur posée au le bout du fusil n'empêche pas le tireur d'appuyer, peut-être a-t-elle au moins la force de révéler une image, une vérité. Un espoir. L'amour.

Parce que j'aime l'homme, quoi qu'il se passe, quoi qu'il fasse, j'aime cette partie de l'homme qui se plonge dans le rêve, qui déchire le voile sombre et essaie de révéler ce qu'il y a de meilleur en lui. Je vous aime, vous qui pleurez, vous qui tentez de comprendre l'incompréhensible, vous qui hurlez là-bas, vous qui luttez entre les bombes et les êtres fous, emplis d'idéaux terrifiants. Je vous aime tous, hommes, parce que je suis vous, et que nos yeux pleurent à l'unisson.

On a détruit la vie, cette nuit. Comme on la détruit depuis des années. On nous dit "carnage", on nous dit "déchiqueté", on nous dit "panique". Les luttes continuent encore, on ne sait plus pourquoi, toutes les informations s'entremêlent. La télévision se permet un regard obscène sur les événements, sur ces gens qui étaient en larmes à l'écran, autour du Bataclan, sur une mère qui attend sa fille. Les gens n'informent plus la police mais les réseaux sociaux... l'information. Je doute de plus en plus, jours après jours, de tout ce que je vois. Parce que des visages prennent trois couleurs pour hurler France ! Parce que ces visages ont oublié qu'il ne s'agissait plus réellement d'elle, mais plus largement de nous. C'est une pensée, un idéal, une force, que l'on a bafouée ! C'est un espoir sur lequel on a craché !

Je me suis dit : "Pourquoi tous paraissent prendre conscience ? Parce qu'il s'agit de ce petit monde français ? Je vous en prie, ouvrez les yeux, ouvrez grands les oreilles, ne restez pas devant les télévisions pour simplement dire : aujourd'hui il s'est passé une horreur ! Levez-vous et regardez à quel point tout ce qui peut être beau en ce monde... peut être détruit en un instant."

Aujourd'hui, ces horreurs, et dans quelques temps, deux degrés en trop, qui détruisent déjà et détruiront encore tant de vies. Mais c'est cela, la vie, c'est cela, que nous sommes ! Nous hurlons ces sentiments qui viennent de nous transpercer le cœur et je le fais moi-même ! Je hurle et je pleure !

Mais je ne doute pas de l'amour qui existe en ce monde. Non, je n'y arrive pas malgré tout ce qu'il y naît d'immonde. Je n'arrive pas à douter de nous, qui marchons vers des heures sombres, en pleurs, décidés, peut-être, à hurler une bonne fois nos désaccords et nos peurs. Je suis en vie, et je vis pour tous ces hommes et toutes ces femmes, tombés cette nuit, fauchés par la folie.

Je ne veux pas être un cadavre qui marche sans but et avec terreur mais une flamme qui affronte en écrivant et hurlant ses idéaux.

Je vis pour tous ces êtres qui depuis des années, face à ce fanatisme sans nom, ont vu leur bougie s'éteindre dans un souffle.

Mes amis, même si nous pleurons aujourd'hui, soyons forts dans nos vies !

Pour le monde...

(samedi 14 novembre 2015)

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Contre le renseignement abusif

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Contre le renseignement abusif

Tous les événements ont des conséquences.

Il y a quelques mois, une liberté a été bafouée par colère. L'humour a été brisé, l'ironie sacrifiée, et la peur a commencé à balayer de plus en plus de certitudes. L'angoisse a traversé le monde comme une déferlante atroce. Pire que ces avalanches qui ne font que réveiller les animaux perdus. Pire que ces armées à découvert, devant les plus grandes Cités, qui hurlent leur détermination et leur courage à la face du monde. Pire que la perte de cet être cher qui a bercé nos vies et qui a élevé nos réflexions.

Alors, on a pensé que des idées florissantes allaient naître. Ce jour-là, si tous sortaient dans les rues, n'était-ce pas pour hurler une liberté pour laquelle ils étaient prêts à se battre ? Et cela contre une menace qui se cache au plus profond des couloirs, sous les lits de tous ? Tous sortaient sans se soucier d'une quelconque sécurité : peu importe, si la liberté et sa plus belle vision – l'humour – pouvaient être broyées, alors il fallait hurler et s'élever.

 

Mais le monde est si différent. Nous sommes à l'intérieur d'une époque sans conviction, sans véritable idée, si bien que les idéaux les plus fondamentaux sont regardés comme des folies. Si bien que la liberté, la paix et la cristallisation du bonheur sont indéfendables : considérés comme des cadavres d'êtres à peine nés, ils s'écrasent sur eux-mêmes.

Toutes ces luttes passées nous offraient la possibilité d'être heureux. Et même si la liberté n'était déjà qu'une illusion, elle possédait un semblant de réel.

La sur-communication brisait déjà une liberté. Tant de voix noie l'essentiel.

La sur-exposition donnait – et donne aujourd'hui encore – la certitude à ces gens de vivre heureux. Regardez-moi, je nage dans le bonheur ! Et il se noie dans l'inconscience...

Désormais on demande la sur-paix, afin de détruire tout ce qui est angoissant.

 

Quelle intelligence ! Persuader par la télévision que la majorité des êtres sont au courant des faits. Faire croire que cette vision du bonheur des autres ne peut qu'être une vérité, parce que tout ne peut qu'être vrai sur internet. Ils veulent une paix suprême.

Pourquoi faut-il que tous ce qui a été construit disparaissent soudain ? Pourquoi ces hommes, qui pensent être assis sur le trône du savoir et de la sur-connaissance, nous imposent la peur d'être vu et suivi, comme des rats de laboratoire ? Pourquoi faudrait-il que cette liberté – qu'ils disent vouloir défendre – disparaisse par la folie sécuritaire ?

Pourquoi veulent-ils nous protéger des angoisses du monde ? Ne sont-elles pas omniprésentes et ne nous aident-elles pas à avancer ? Sont-ils si sûrs de leur pouvoir qu'ils en abusent désormais comme d'une hache sur le billot ?

 

Il y a quelques mois, les coups de larmes fusaient des canons de l'incompréhension. Il y a quelques mois, les hommes criaient que les mines pouvaient être plus puissantes que la folie des crachats terroristes. Il y a quelques mois, nous sortions, nus et blessés, les hommes et les femmes créaient des mouvements pour hurler une liberté d'expression qui explosait en mille éclat et qui déchirait les feuilles dessinées ça et là. Il y a quelques mois, j'étais fier d'être humain parce qu'il y avait de l'amour et de l'incompréhension dans ces voix et que je faisais partie de ces êtres qui portaient leur main à leur bouche en signe d'horreur.

Néanmoins, aujourd'hui, tout s'oublie trop vite. On fustige l'histoire en assurant que rien n'a existé. On crache sur les hommes intelligents et les sages parce qu'ils font peur et que leurs vérités annihilent les pensées nuageuses et cotonneuses de la doxa. On vomit même sur la chute de deux tours il y a plus de dix ans de cela, assurant qu'il y a manipulation et mensonge !

Oublient-ils ces morts ? Ces gens sacrifiés ? Oublient-ils que des enfants ont perdu des parents et des parents des enfants ? N'ont-ils, pour la vie, plus aucun respect ? Et à peine quelques mois plus tard, déjà certains oublient ce pourquoi ils sont descendus dans les rues, ce pourquoi ils ont participé à un mouvement.

Ils oublient puisque plus rien n'a d'importance.

 

Alors, aujourd'hui, on voit la liberté s'effacer parce que ces choses sont arrivées. On comprends que nos informations personnelles, celles qui maintiennent nos pensées hors du monde, peuvent être analysées.

S'étonneront-ils si jamais tout se brise ? En effet, si une Union Européenne, que nous pensions être synonyme de droits de l'homme, ne pense qu'à l'argent, dans ce cas nous ne penserons qu'à la fourche et la haine ! Quelle tristesse...

Oui, cette haine naît de plus en plus. Il y a quelques années, dans le fond de cette rue sombre et puante, un croquemitaine appelé Peine, s'arrachait des murs afin de gagner la population. Aujourd'hui, l'ombre a quitté la rue, s'est métamorphosé, est devenue plus intelligente. La France, ce pays dont je suis si fier, qui symbolisait à mon sens la liberté de chacun et une laïcité formidable, s'embourbe dans les fanges, la haine engrangeant la haine. Il me semble qu'ils se dirigent tous – ceux sur le trône et ceux qui se croient libres – vers les idées de ce croquemitaine.

 

J'ai peur, je crois. J'ai peur de voir la foule sortir, de les suivre et de hurler. Et devant le prisme effroyable d'un pouvoir dont je ne comprends rien, je défendrai une idée, parce qu'il « faut mourir pour des idées »... j'ai peur parce qu'il faudra mourir, mais que, tout comme Brassens, j'y ajouterai : « d'accord, mais de mort lente ». Ces gens ont-ils oublié à quel point ils se sont battus, à quel point leur propre parent se sont battus ? La haine naît chez les cœurs les plus purs parce que des parents vivent dans un kaléidoscope qu'ils ont agencé comme bon leur semblait, mettant couleur et langue de côté, observant durant des années une France qu'il pensent bafouée alors que seul le Monde est important. Leurs enfants, baignés dans une vision stéréotypée, n'ont fait que multiplier les images d'un kaléidoscope vidé de ses multiples significations.

J'ai peur de mes semblables.

 

Pourtant, n'y a-t-il a pas des voix qui se lèvent, au loin ? Une lueur à laquelle je crois. Liberté ! Liberté ! crient-ils. Et moi je crie avec eux. Je sens qu'ils s'animeront telle une chimère, qu'ils briseront une glace trop longtemps habituée à refléter une image ridicule.

Le silence obligeait autrefois l'homme à pousser sa harangue.

Les voix multiples, aujourd'hui, demandent à être tues.

Je ne pleure pas. Je veux vivre et le trait de lumières éclate dans le ciel. Un voyage se prépare. Un voyage long et difficile, je le sais. Je refuse que les femmes et les hommes ploient sous la possibilité d'une dictature de la sécurité qu'aucun de nous n'avons demandé. Je le refuse.

Un souffle. Une idée. Une lutte.

Une liberté. Voilà ce que je demande.

La liberté.

Et ce sont ces femmes et ces hommes qui s'élèveront. Je le crois.

Les idées sont comme les êtres vivants. Elles naissent, elles croissent, elles prolifèrent, elles sont confrontées à d'autres idées et elles finissent par mourir.

Bernard Werber

Contre le renseignement abusif

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Petite réflexion

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Il faut continuer sur le chemin. Simplement.
Et un jour, quand il sera venu le temps de dire adieu et de passer les portes, alors je ne serai pas un poids mais des fleurs de pensée. Je me propagerai, à ma manière, et les germes d'un espoir fabuleux naîtront.
Et s'il y a un Dieu qu'il faille convaincre, le sort en est jeté pour moi.
Et s'il n'y a aucun Dieu, que le vide domine, qu'importe !

Puisqu'il est un monde et des idées. Que mes idées sont erronées. Que tous peuvent les briser. Puisqu'il est un monde fait de ce genre de haine, alors je serai simplement le porteur de la folie. Celui qui veut la paix et la compréhension, le respect de la vie et des autres. Puisqu'il est un monde qui annihile les idées, je serai bientôt condamné à mort par mes propres rêves.

Et le chemin continuera. Doucement.
Mon regard éblouit par les charmes et douceurs de cette vie.

Ducarouge

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Petite réflexion

Publié le par Ducarouge Lenaïc

Ce qui m'inquiète, ce n'est pas moins le futur et son indéfinissable horreur, ni le passé et ces moments de désespoirs que nous ne connaîtrons pas. Ce qui m'inquiète, c'est l'homme et son éternel désir d'avoir raison. Ainsi va la pensée, ainsi va la suite des discussions. Et nous sommes avalés par nos propres certitudes, écrasés par les volontés des autres.
A nos côtés, il y a un homme.
Il regarde le monde.
Il joue au yoyo.
Il détruit.

L'homme qui observe le monde en jouant efface toute réalité. Tout lui semble beau. Éternel. Nul déclin n'émerge à l'horizon. Il n'y a que la possibilité d'un pas plus loin, d'un nouveau jeu... d'une vie sans angoisse.
Pas le futur, pas le passé. Cet homme-ci.

Ducarouge Lenaïc

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